CAGNES SUR MER - 4 rue Pasqualini

Anorexie mentale

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Reconnaître l’anorexie mentale

 

« L’anorexie mentale commence non pas quand une personne “veut” maigrir, mais quand, sans s’en rendre compte, elle ne peut plus rien faire d’autre que maigrir, » explique le Dr Rigaud. Alors comment faire la différence entre une jeune femme qui aurait simplement décidé d’entreprendre un régime de celle qui souffrirait d’anorexie ?                                                                            . 
Certains signes sont très spécifiques : restriction, tri des aliments, indifférence à la tentation, calcul draconien des calories et, souvent, prise des repas seule et à heures fixes. Avant toute chose, l’anorexique fait preuve d’un contrôle hors norme de son assiette. À l’inverse, sa consommation de liquide dépasse l’entendement. Cette potomanie (nom du trouble qui y est associé) peut la pousser à boire plus de 3 litres d’eau par jour. L’objectif ? Se purifier, éliminer, mais aussi se remplir l’estomac pour écarter la sensation de faim. Dans un but similaire, elle fait parfois usage de diurétiques et de laxatifs.                       . 
Pour “brûler des calories”, l’anorexique semble comme hyperactive, elle bouge sans cesse. Son amaigrissement est rapide, fulgurant. L’adolescente, ou la jeune femme selon son âge, modifie sans cesse l’objectif qu’elle s’est fixé d’atteindre, pour perdre toujours plus de poids. La vision qu’elle a de son propre corps n’est pas objective, elle ne se trouve jamais assez mince, surtout pas maigre. Souvent, conséquence du chaos hormonal provoqué par la dénutrition, ses règles ont disparu.

D’un point de vue psychologique, sans que l’on puisse savoir avoir exactitude si ses difficultés existaient toutes avant le déclenchement de la maladie ou si cette dernière les a provoquées ou aggravées, les personnes qui souffrent d’anorexie mentale présentent des symptômes bien identifiés :

  • manque de confiance (en soi, mais aussi en l’autre)
  • manque d’estime de soi
  • besoin de contrôle et de maîtrise, qui se traduit par un excès de perfectionnisme
  • rejet de l’image féminine (séduction, sexualité) et du désir
  • peur permanente d’être jugée par autrui
  • sentiment d’impuissance face à l’amour, la vie, la profession, l’avenir, la guérison…


Dans un cas sur trois, l’anorexie dite restrictive glisse vers l’anorexie-boulimie. Dans cette forme particulière, le jeûne est alors entrecoupé de crises de boulimie, qui se soldent par des vomissements, spontanés ou provoqués. Une perte de contrôle vécue comme un échec que la jeune malade a souvent beaucoup de mal à accepter.

Soigner l’anorexie

  • La priorité, dans le traitement de l’anorexie mentale, est la reprise de poids.
    Notamment lorsque la dénutrition est telle que la jeune femme est en réelle situation de danger : sa vie peut être en jeu et, dans certains cas, l’hospitalisation est même inévitable. Avec l’aide d’un nutritionniste ou d’un diététicien spécialiste des TCA, la patiente doit parvenir à plusieurs objectifs : retrouver et maintenir un poids normal, rééquilibrer ses apports nutritionnels, manger normalement, sans peur ni angoisse.
  • Ensuite, un travail thérapeutique, avec l’aide d’un spécialiste des troubles du comportement alimentaire, s’avère souvent nécessaire. Thérapies psychanalytiques, psychocorporelles, comportementales et cognitives, je propose la stratégie hypnotique enseigné par l’Institut Européen d’Hypnose Intégrative.  
    Voir le livre "De l'Hypnose Intégrative®, Vers une approche orientée résultat, Ettzevoglov, G., A paraitre". 
  • La première rencontre ; l'entretien verbal avec le patient qui exprime ses expériences négatives de son passé qu'il aimerait libérer. Cette rencontre me permet avec l'accord du sujet d'expliquer comment se déroulera la thérapie. À la fin de cette première rencontre, je fais vivre à son patient une brève initiation à l'hypnose. (La durée de la séance est habituellement 1 heure et plus).
  • La deuxième rencontre ; léger suivi de la première séance, approfondissement de l'état hypnotique du patient. (La durée de la séance est entre 45 minutes à une heure).
  • La troisième rencontre ; le travail, l'acceptation, la libération des chocs ou manque de sécurité vécus par le sujet. (La durée de la séance est habituellement 1 heure et plus).
  • La quatrième rencontre ; Fermeture, réconciliation de l'adulte avec l'enfant intérieur, une expérience d'identité propre, confiance en soi et s'aimer. (La durée de la séance est entre 45 minutes à une heure).

Les groupes d’entraide et de parole sont également un lieu privilégié pour la malade. Ils permettent de témoigner mais aussi de recueillir le témoignage d’autres patientes. Entre elles, les anorexiques se mettent en garde contre les pièges dans lesquels ne pas tomber, se transmettent leurs espoirs de guérison. Elles peuvent parler de choses dont elles ne parviennent pas à parler avec le personnel soignant mais aussi de sujets plus personnels et moins médicaux (relatifs au corps, à leurs relations familiales ou amoureuses etc…).

 

Comment l’entourage peut-il accompagner la malade une fois son trouble pris en charge ?
Une fois que la patiente est dans un circuit de soin, les proches peuvent être en partie soulagés. Ils passent le relais à des professionnels qui sont là pour les aider et qui ont les compétences pour les accompagner et de ce fait, ils peuvent déjà prendre un tout petit peu de recul. Ce qui est important, c’est bien sûr la dimension affective, le soutien, l’amour, les encouragements qu’ils vont pouvoir lui apporter. C’est essentiel pour ces patientes qui sont en très grande souffrance. L’essentiel, c’est de trouver la bonne distance. Lorsque les parents continuent de remplir l’assiette de leur fille à table et gardent un contrôle scrupuleux sur ce qu’elle mange, la patiente le perçoit comme une agression. C’est une attitude trop intrusive pour elle, trop angoissante. Il faut donc la laisser faire, la laisser retrouver ses repères alimentaires progressivement, tout en restant vigilant. Car ils ont néanmoins le devoir de prévenir les professionnels de santé s’ils repèrent des choses alarmantes dans son comportement. La prise en charge de l’anorexie repose sur une collaboration totale entre la patiente, les professionnels de santé et l’entourage.



07/12/2015
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